Zu wenig.

Zu wenig.
Faut que je te dises un truc. J'ai tout perdu. Tu sais l'inspiration, la passion. Tout ça. Je l'ai oublié. J'arrive même plus à savoir à quoi je pense. J'ai l'impression que mon imagination s'envole. Je ne vis que dans le réel, le présent. Et ça me tue de voir qu'on arrive à écrire, ça me tue de voir que ma vie s'écoule, comme un fleuve, en- dessous de moi, sans que j'y trempe, ne serait-ce qu'un orteil.
«Le temps s'en va, le temps s'en va Madame, mais nous nous en allons.» Il avait raison, c'est nous qui disparaissons, c'est nous qui finirons par nous envoler, par partir et le fleuve qui glisse sans s'arrêter. Oui, tu sais, on voudrait construire un grand barrage, mais on a que des brindilles qui finissent toutes par être cassées. Je sais pas quoi faire. Nager à contre-courant, j'ai déjà essayé, mais j'y arrive pas, tu sais. Je suis l'eau, je suis la pluie, je refais son cycle inépuisable, tantôt nuages, tantôt océan, mais rien ne s'arrête. Je comprends pas où j'étais avant. Dis-moi, où j'étais, comment j'ai pu vivre sans le savoir, tu le sais, hein? Tu me le dirais si tu le savais?
Ça me fait peur, je t'avoue. Parce qu'ils m'ont dit que grandir c'était ça, c'était perdre son esprit d'enfant, et moi je croyais que si je voulais il me suffisait de ne pas les croire pour le garder. Mais c'est pas vrai. C'est pas ça. Je cours, je vis, j'y pense même pas et quand je me réveille, c'est trop tard. Tout est parti, tout est perdu. Et j'aime pas ça, j'aime pas du tout. J'ai l'impression de ne plus être moi-même, que des morceaux s'éparpillent et sont balayés tout de suite après.
Alors c'était quoi avant? C'était comment? Pourquoi j'arrive pas à retrouver mes rêves, hein, tu peux me le dire ça? C'est parce que je deviens "autonome"? Parce que je me retrouve seule, parce que j'arrive pas à dire ce que je ressens, parce que je perds mes mots, parce que même les choses les plus simples deviennent trop dures pour moi, parce que je mets du temps à comprendre ce qui se passe à l'intérieur, parce que les plus beaux paysages ne sont remarquables que lorsqu'on a la bonne musique, parce que les stéréotypes que j'ai recherché ne sont pas réels et ne le seront jamais? Dis le moi.

# Posté le dimanche 25 octobre 2009 09:46

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 15:14

Sich schlecht fühlen.

Sich schlecht fühlen.

# Posté le dimanche 04 octobre 2009 09:34

Modifié le mercredi 07 octobre 2009 10:41

Here comes that cold sunrise. Redemption? Last chance to forgive ourselves?

Here comes that cold sunrise. Redemption? Last chance to forgive ourselves?
Si le soleil s'est levé pour nous réveiller, il ne nous a pas réchauffés, car à cette période, un début d'automne prometteur, il fait déjà froid ici. La nuit est longue, mais nous sommes incontrôlables, la chaleur du feu autour de nos tentes, l'alcool qui bat dans nos veines, nos pieds qui sautent sans mesure. La musique bourdonnante sous nos crânes nous assomme vers l'aube, pendant que les garçons cherchent à se défoncer plus qu'ils ne le sont déjà. Nous sommes sourdes, nous sommes pâles et pleines d'erreurs, déjà salies, déjà camées. Aucune drogue n'est comparable à la notre. Ce n'est pas réel, c'est de rires dont nous faisons l'excès, des overdoses de bonheur passé, de la gaité que rien de rationnel ne viendrait expliquer. La symphonie de Muse nous fait du bien, et des bras tremblent quand on entoure ses genoux avec. Puis tout y passe, nous voulons atteindre cet état sans pensée, sans entrain, juste l'ardeur de consommer un baiser, et rien de plus. Sous le frisson, on rougit, on évoque les étoiles pourtant cachées par les arbres, on détourne le regard. Mais nous restons souillées, tachées par ces gestes sans honte qui reviennent pour se montrer courageuses. C'est un jeu, un plaisir qu'on cherche sans but. Puis vient nos promesses. Chaque fois, nos promesses d'éternité, cinq ou six jeunes filles se regardant fièrement dans les yeux, ayant foi en un souvenir commun, l'évoquant tour à tour, l'aimant, le désirant, le rejetant, y trouvant de quoi construire leurs vies. C'est notre destin qui prend vie. C'est la source de toutes nos destinations futures, on s'enracine, pieds nus, dans cette terre fertile, riche de vérité et de réalité. Plus de rêves puérils. Comme des petits bourgeons qui éclosent, comme le soleil qui se dévoile peu à peu derrière les feuilles vertes, comme la rosée mouillant le bas de nos jeans troués, comme le bruit de l'humus sous nos pas, nous progressons dans cette forêt, sans voir la fin. Seul le dessein nous est donné. Nous sortions de l'enfance pour voir qu'être adulte ne nous convenait pas.

I was a child
I was on fire
breaking like dolls
singing like birds
we always get what we deserve
but now I've had enough
it's in the drugs
it's in the drugs

# Posté le jeudi 01 octobre 2009 08:44

Modifié le vendredi 02 octobre 2009 10:58

Soundtrack To Falling In Love - Charlie Winston

Soundtrack To Falling In Love - Charlie Winston


Une troisième fois, je lui posais la question pour qu'elle m'explique sa morale. Ce qui me dérangeait, était son silence. Au bout d'une heure, j'eus un semblant de réponse qui, malgré tout, ne me satisfaisait pas:

« - Je ne veux pas d'ami, pas d'amant. Je ne veux pas qu'on s'intéresse à moi, qu'on me regarde, qu'on me parle, qu'on me touche, qu'on me pose des questions, qu'on découvre mes jambes nues, qu'on sente mes cheveux, qu'on se souvienne de mon regard. Je ne veux pas marquer les esprits, être reconnue, devenir célèbre, devoir parler, être de bonne humeur trop souvent.
Je voudrais avoir dix-sept ans toute ma vie. & trouer ma peau pour effrayer, la tatouer pour le plaisir, la déchirer pour faire beau, la frapper pour oublier, la marquer avec mes ongles pour me soulager, la mordre pour choquer.

- Mais qui veux-tu choquer, espèce de folle? »

# Posté le dimanche 05 juillet 2009 14:35

Modifié le dimanche 04 octobre 2009 08:48